Minoritaires

Les migrants du foyer David d’Angers refusent leur expulsion

23/10/2009 · 5 commentaires

La Cour d’appel a tranché jeudi. Les migrants du foyer David d’Angers, dans le XIXe arrondissement de Paris, doivent quitter les lieux. Trois des occupants du foyer, malades, bénéficient de deux mois de délai. L’Aftam, l’association gestionnaire du foyer, souhaite le remplacer par une résidence sociale et conteste le droit au relogement des cent vingt derniers occupants.

A l’entrée du 15 de la rue David d’Angers une banderole détrempée réclame le relogement de tous les habitants du foyer, créé en 1968. Dans la cour, des chaises défoncées et des tapis de prière enroulés. L’intérieur, délabré, fait penser à un squat plutôt qu’à un foyer de migrants.

Les cent vingt occupants du foyer, principalement Sénégalais et Maliens, doivent être expulsés. Pour l’AFTAM, tous les locataires officiels ont déjà été relogés et ceux qui restent n’ont rien à y faire. Le porte-parole du foyer Camara Cheikh Tidiane ne compte pas déménager.

Le problème viendrait des suroccupants, c’est-à-dire des connaissances de locataires repartis en Afrique pour quelques mois ou quelques années. Monsieur Tidiane défend le droit à cette hospitalité africaine et pointe du doigt les discriminations.

Au bout d’un long couloir sale et froid, quelques personnes mangent et cuisinent dans une grande cantine. La plupart des occupants sont partis travailler. Sokouyata dit être ouvrier, malien, sans-papier et malade, et ne sait pas où lui et les autres iront en cas d’expulsion.

Les migrants ne comptent pas abandonner. « Nous allons rester au foyer en attendant la trêve hivernale. Nous allons faire l’hiver ici« , lance Camara Cheikh Tidiane, déterminé.

Fabien Offner

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